Une industrie nocive

Voici un projet de loi émanant de l’État de New-York afin de limiter l’émission de gaz à effet de serre. Il n’est pas nouveau que l’industrie soit considérée comme nuisible pour l’environnement. Les mineurs pourraient donc se voir interdire de miner pendant une durée de 3 ans si la loi est adoptée par le Sénat de l’État. 

Ce projet de loi vise précisément à :

“établir un moratoire sur l’exploitation des centres de minage de cryptomonnaies”, afin de ralentir l’impact environnemental du minage de crypto-monnaies.

Seuls les mineurs dont les installations “n’auraient pas d’effets négatifs” sur l’environnement pourraient être exemptés selon le sénateur démocrate Kevin S. Parker, qui a lui-même présenté le projet de loi. 

Le projet est en attente d’être validé, ou non, par le comité de conservation de l’environnement, on peut y lire :

“Une seule transaction en crypto-monnaie utilise la même quantité d’énergie qu’un ménage américain moyen utilise en un mois, avec un niveau estimé d’utilisation de l’énergie mondiale équivalent à celui du pays de la Suède.”

La loi viendrait soutenir le projet de l’Etat de New-York visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 70% d’ici 2030.

 

Mais comment comment la loi serait-elle appliquée ?

Les mineurs seraient dans l’obligation de se soumettre à une étude d’impact environnemental. Les inspecteurs de l’État seraient donc habilités à évaluer l’impact des installations minières sur la qualité de l’air, de l’eau, de la faune et à vérifier les émissions de carbone. Les mineurs pourraient éventuellement reprendre leurs activités après avoir fait une déclaration d’impact environnemental. Néanmoins, les installations jugées nuisibles et trop polluantes seraient, elles, supprimées. 

 

Le minage : un sujet délicat

Le projet de loi vient s’implanter alors que le minage est déjà un sujet délicat dans l’Etat. Dans le Nord de New-York, une usine de charbon inactive depuis plusieurs années brûle désormais 19 mégawatts de gaz naturel pour alimenter les installations minières qui composent désormais l’usine. Le problème est que l’exploitation s’est avérée si rentable que l’exploitant du site souhaite augmenter sa capacité à 500 mégawatts d’ici 2025. L’usine aurait l’intention d’alimenter jusqu’à 27 000 ordinateurs qui fonctionneraient 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour extraire des Bitcoins. Allant ainsi à l’encontre des objectifs de décarbonisation de New York. 

Yvonne Taylor, vice-présidente du groupe environnemental Seneca Lake Guardian, a déclaré :

“Nous parlons de brûler plus de combustibles fossiles pour faire de la fausse monnaie au milieu du changement climatique, ce que nous considérons comme insensé.

Le groupe s’interroge sur le bien-fondé d’autoriser l’exploitation de bitcoins au lieu d’une centrale qui pourrait alimenter les foyers voisins.

 

La Chine : reine du minage

On observe en Chine un mouvement similaire. Le pays représente 65% de la puissance de hachage de Bitcoin dans le monde. Néanmoins le pays a aussi un plan concernant le changement climatique et la réduction de gaz à effet de serre. Ainsi, le 27 avril dernier, le Parti Communiste Chinois aurait décidé d’imposer une supervision plus stricte de l’exploitation minière de cryptomonnaies.